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L’Autorité de la concurrence rend son avis sur le secteur de la création de contenu vidéo en ligne en France

Le 18 février 2026, l'Autorité de la concurrence a rendu un avis relatif au fonctionnement de la concurrence dans le secteur de la création de contenu vidéo en ligne en France

Le secteur de la création de contenu vidéo en ligne s’est développé de manière exponentielle ces dernières années. En 2024, on recensait ainsi près 150 000 créateurs de contenu professionnels. L’Autorité a donc décidé de s’autosaisir afin d’analyser le fonctionnement de ce secteur qui pose de nombreuses questions en droit de la concurrence.

Ce secteur, qui fonctionne comme un marché multiface, met en relation de nombreux acteurs interdépendants (créateurs de contenu, agences de talents, annonceurs, plateformes, spectateurs).

Il se caractérise par :  

  • Le rôle central des créateurs de contenu dans le modèle économique des plateformes ;
  • Le caractère incontournable du recours au plateformes, dans un secteur concentré autour de YouTube ; TikTok, Instagram et Twitch ;
  • L’existence de barrières à l’entrée élevées, liées aux effets de réseau et à l’accumulation massive de contenus ; et
  • Le fait que ces plateformes soient davantage complémentaires que substituables, ce qui favorise le multihoming.

L’Autorité souligne ainsi l’existence d’une dépendance structurelle des créateurs vis-à-vis des plateformes et une asymétrie dans le pouvoir de négociation, les plateformes fixant unilatéralement les règles de partage des revenus et les conditions de visibilité des contenus.

Pour y remédier, elle formule plusieurs recommandations, appelant les plateformes en ligne à :

  • accroître la transparence dans la mise en œuvre des règles de partage des revenus ;
  • s’assurer du caractère équitable des conditions relatives au partage des revenus entre les créateurs de contenu et les plateformes ;
  • faire preuve de davantage de transparence dans la mise en œuvre de leurs algorithmes de recommandation, de manière à permettre aux créateurs une meilleure compréhension et une prévisibilité accrue de la visibilité de leurs contenus sur les plateformes ;
  • mobiliser les moyens humains et matériels suffisants pour permettre aux créateurs, quelle que soit leur notoriété, de trouver des interlocuteurs qui soient en mesure de les éclairer sur les raisons d’une baisse de visibilité de leurs contenus ou d’une mesure de modération les sanctionnant. 

L’Autorité alerte enfin sur les risques concurrentiels liés à la mise en avant de contenus particulièrement rentables, produits via des outils intégrés ou générés par IA.

Dans ce contexte, un accompagnement juridique est recommandé pour sécuriser les relations entre les créateurs et les plateformes et les accompagner dans la compréhension et la mise en conformité de leurs pratiques au regard du droit de la concurrence et de la régulation numérique.

Pour lire l’avis de l’Autorité de la concurrence