🎾 « Il faut un homme pour arbitrer un tel match » — Et si ces propos avaient été tenus en entreprise ?
Au‑delà du caractère consternant de ces propos, transposons‑les en entreprise : un salarié lâche devant l'équipe à propos d'une collaboratrice, « Il faut un homme pour gérer un dossier pareil ». Que se passerait‑il ?
La réponse du droit du travail est claire
Le code du travail interdit les agissements sexistes, définis comme
« tout agissement liĂ© au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte Ă sa dignitĂ© ou de crĂ©er un environnement intimidant, hostile, dĂ©gradant, humiliant ou offensant » (C. trav., art. L 1142‑2‑1).
C’est Ă l’employeur de sanctionner.
Le pouvoir disciplinaire de l’employeur
L’employeur a une obligation de sĂ©curitĂ©. Il ne peut pas rester passif. Il dispose notamment de son pouvoir disciplinaire pour sanctionner voire faire cesser les agissements : avertissement, mise Ă pied, licenciement pour faute grave. S’il ne fait rien, après enquĂŞte Ă©ventuelle, il s’expose lui‑mĂŞme Ă des poursuites pour manquement Ă son obligation de sĂ©curitĂ©.
Sur le plan pénal : des sanctions concrètes
MĂŞme sans rĂ©pĂ©tition, un propos sexiste isolĂ© tombe sous le coup de l’outrage sexiste et sexuel : imposer Ă une personne un propos Ă connotation sexiste portant atteinte Ă sa dignitĂ© ou crĂ©ant une situation intimidante, hostile ou offensante est sanctionnable, en particulier dans le contexte d’un abus d’autoritĂ© hiĂ©rarchique (contravention de 5ᵉ classe).
Prévenir et former : une obligation, pas une option
La veille mĂŞme des propos du joueur, le 28 mai 2026, la Cour de cassation a consacrĂ© le harcèlement sexuel d’ambiance (Cass. soc., 28 mai 2026, n° 24‑22.754). Elle juge qu’une salariĂ©e exposĂ©e Ă un environnement de travail humiliant et dĂ©gradant peut ĂŞtre victime de harcèlement sexuel, mĂŞme si elle n’est pas directement visĂ©e. Elle prĂ©cise que des propos Ă connotation sexuelle ou sexiste tenus devant plusieurs salariĂ©s peuvent ĂŞtre subis par chacun d’eux. Cet arrĂŞt s’aligne sur la chambre criminelle (Cass. crim., 12 mars 2025, n° 24‑81.644) et verrouille enfin la notion de harcèlement sexuel d’ambiance, qui existe dans d’autres pays.
➡️ Laisser s’installer un climat sexiste peut caractĂ©riser un harcèlement sexuel dont chaque salariĂ© exposĂ© est victime. Ne pas agir peut conduire l’entreprise Ă s’exposer Ă des contentieux lourds.
L’employeur doit donc non seulement informer les salariĂ©s des textes et sanctions applicables mais Ă©galement dĂ©ployer des actions de sensibilisation et de formation.
La leçon
Ne pas attendre qu’un collaborateur se prenne pour Vallejo. Former, sensibiliser, prĂ©venir. Parce que l’Ă©galitĂ© professionnelle n’est pas un slogan, c’est la loi.
Et vous, votre entreprise a-t-elle mis en place des actions concrètes contre les agissements sexistes ?
Max Mietkiewicz
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m.mietkiewicz@uggc.com